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Une cyberattaque réchauffe les frigos de centaines de magasins français

Une cyberattaque du 11 au 12 octobre 2026 a modifié des réglages de contrôleurs Danfoss et réchauffé les frigos de centaines de supermarchés français. Des magasins ont jeté des aliments.

Par Tech AI Wire Team

4 min de lecture

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A long supermarket aisle lined with glass-door freezers full of packaged frozen food.
Photo: Raysonho @ Open Grid Scheduler / Grid Engine / Wikimedia Commons, CC0

Une cyberattaque, dans la nuit du 11 au 12 octobre 2026, a fait monter la température dans les réfrigérateurs et les congélateurs de centaines de supermarchés français. De nombreux magasins ont dû jeter leurs produits frais et surgelés. Les attaquants ont modifié les réglages de contrôleurs de réfrigération fabriqués par Danfoss, une entreprise danoise. Selon Danfoss, la plupart des appareils touchés sont d'anciens modèles qui ne reçoivent plus de mises à jour de sécurité.

Ce qui s'est passé dans les magasins

L'attaque a commencé dans la nuit de dimanche à lundi. Selon Je Bosse en Grande Distribution, un site spécialisé dans la grande distribution, les attaquants ont modifié à distance les consignes de température des contrôleurs Danfoss. Une consigne est la température qu'un réfrigérateur doit maintenir. Le site indique que certains réglages ont pris jusqu'à 50 degrés de plus, et qu'un congélateur est passé de -20 °C à +30 °C.

Le groupe Les Mousquetaires, maison mère d'Intermarché, a indiqué à franceinfo que des congélateurs et des réfrigérateurs avaient été réglés sur 50 °C. Les articles divergent sur un point : 50 était-il la hausse ou le nouveau réglage ? BFM TV a rapporté que les pirates avaient aussi forcé des frigos à passer en mode dégivrage dans de nombreux magasins, selon l'AFP.

Intermarché a indiqué à l'AFP que les magasins touchés devaient jeter tous leurs produits frais et surgelés. Plusieurs magasins Intermarché ont dit avoir perdu tous leurs produits frais, rapporte le site spécialisé. Selon la dépêche de l'AFP, le parquet de Paris a confirmé l'attaque et ouvert une enquête. Le parquet a aussi indiqué que l'attaque avait provoqué des incendies.

Les estimations des pertes varient. De premiers chiffres internes cités par le site spécialisé évaluent les pertes à plusieurs centaines de milliers d'euros pour certains magasins. Une source proche du dossier a déclaré à France Inter que le total atteint plusieurs millions d'euros, rapporte franceinfo.

Quelles enseignes de supermarchés ont été touchées

Les articles s'accordent sur les enseignes, mais pas sur le nombre de magasins.

EnseigneCe qui a été rapportéRapporté par
Intermarché et Netto (Les Mousquetaires)Environ 150 magasins, selon une source du secteur ; 200 à 300, selon France Inter ; au moins 300, selon l'AFPSite spécialisé, franceinfo, AFP
Coopérative U (Système U)Moins de 100 magasins, selon franceinfo ; plus de 100, selon l'AFPfranceinfo, AFP
E.LeclercUne attaque contre l'un de ses fournisseurs de froid a touché plusieurs magasinsfranceinfo, AFP
MonoprixEnviron 5 % de ses magasins, selon franceinfo ; non confirmé à l'AFPfranceinfo, AFP
Carrefour MarketCité par le site spécialisé ; non confirméSite spécialisé, AFP

Dominique Schelcher, patron de Coopérative U, a confirmé l'attaque sur X. Il a écrit qu'une cyberattaque touchait « depuis cette nuit » les installations de production de froid du groupe. Il l'a aussi qualifiée d'« inacceptable ». Les Mousquetaires ont indiqué à franceinfo qu'une attaque de cette ampleur était sans précédent.

Ce que Danfoss dit de ses contrôleurs

Danfoss a évoqué des « incidents en France affectant un nombre limité de systèmes de gestion de la réfrigération », rapporte franceinfo. C'est bien moins que le nombre de magasins avancé par les enseignes et la presse.

L'entreprise affirme que la plupart des appareils touchés sont des produits anciens. Elle a cité deux gestionnaires de système, l'AK-SM800 et l'AK-SC355. Ce sont les boîtiers qui pilotent les frigos, les chambres froides et la centrale de froid d'un magasin. Selon Danfoss, ils ne reçoivent plus de mises à jour logicielles ni de sécurité. L'AFP ajoute qu'une version de l'AK-SM800 tournait avec un firmware obsolète, le logiciel intégré à un appareil. Le site d'actualité sur l'énergie Enerzine indique que les versions logicielles antérieures à la version 4 sont concernées.

Danfoss conseille à ses clients de mettre à jour le firmware et de renforcer la sécurité de leurs réseaux. L'entreprise conseille aussi de supprimer l'accès direct à Internet « le cas échéant » et de passer à des produits plus récents. Selon Enerzine, l'entreprise prévoyait une réunion avec les sociétés de maintenance frigorifique le 12 octobre.

On ne sait pas encore comment les attaquants sont entrés

Aucun des articles n'explique comment les attaquants ont atteint les contrôleurs. Les services du Premier ministre ont transmis le dossier à l'ANSSI, l'agence nationale de cybersécurité française. Des proches du Premier ministre Sébastien Lecornu ont indiqué que l'ANSSI avait trouvé une faille dans un logiciel d'une entreprise danoise. Aucun des articles ne cite d'avis de sécurité public à ce sujet. Selon l'AFP, l'ANSSI travaille avec ses homologues européens et recherche d'autres entreprises françaises touchées.

Le site spécialisé rappelle des recherches antérieures. Le laboratoire Team82 de Claroty avait trouvé par le passé des failles dans des contrôleurs Danfoss AK-SM 800A, que Danfoss a corrigées. On ne sait pas si cette attaque les a exploitées. Aucun groupe n'a revendiqué l'attaque.

Antoine Hautin, du cabinet de conseil en sécurité Almond, a déclaré à l'AFP que l'attaque montrait « un certain niveau de sophistication ». Christophe Hansen, commissaire européen à l'agriculture et à l'alimentation, a écrit que « la sécurité alimentaire exige davantage d'attention à tous les niveaux ».

Ce que cela signifie pour les développeurs

Pour celles et ceux qui conçoivent, achètent ou exploitent des équipements connectés de bâtiment, l'attaque fournit une liste de contrôle claire :

  • Repérez ce qui est accessible depuis Internet. Danfoss elle-même conseille de supprimer l'accès direct à Internet. Vérifiez si chaque contrôleur de réfrigération, de chauffage ou de bâtiment a une adresse publique ou un accès à distance ouvert.
  • Recensez les appareils en fin de vie. L'AK-SM800 et l'AK-SC355 ne reçoivent plus de correctifs de sécurité. Placez les anciens contrôleurs derrière un pare-feu ou un VPN, et prévoyez un budget pour les remplacer.
  • Ne comptez pas sur le contrôleur comme seule alarme. Un magasin n'a reçu aucune alerte, et l'alarme d'un autre est arrivée après la hausse des températures, rapporte le site spécialisé. Un capteur de température distinct, avec ses propres alertes, donne un second avertissement.
  • Contrôlez les plateformes de gestion centralisée. Un employé a affirmé que tous les magasins surveillés par la plateforme Danfoss avaient été touchés, alors que certains magasins ont été épargnés. Une plateforme capable de modifier des réglages dans de nombreux magasins à la fois doit faire l'objet de sa propre revue des accès.
  • Suivez les conclusions de l'ANSSI. Un avis de sécurité qui nomme la faille indiquerait aux autres exploitants exactement quoi corriger.

Sources

  1. Des magasins Système U, Intermarché, E.Leclerc et Monoprix touchés par une cyberattaque contre leurs installations frigorifiques - franceinfo
  2. French supermarkets suffer fridge shutdown after 'unprecedented' cyberattack - AFP via Yahoo Finance
  3. Une cyberattaque coupe le froid dans plusieurs supermarchés (Intermarché, U, Market, Monoprix, Leclerc concernés) - Je Bosse en Grande Distribution
  4. Cyberattaque massive contre les frigos des supermarchés Intermarché, Leclerc et U - Enerzine

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