Un firmware open source démarre sur une carte de bureau AMD grand public
Coreboot et l'openSIL d'AMD tournent désormais sur la MSI B850P, une vraie carte de bureau AM5. Cela réduit de 79,1 % le code de firmware fermé, mais c'est un produit payant, pas un téléchargement gratuit.
3 min de lecture

En chiffres
- less closed-source firmware code
- 79.1%
- cold-boot memory training time
- 30-60s
Une société de conseil en firmware a fait tourner une pile de démarrage open source sur une carte mère de bureau ordinaire, que l'on peut réellement acheter. 3mdeb a livré la version 0.9.0 de son portage Coreboot et AMD openSIL pour la MSI PRO B850P le 30 juillet 2026, et Phoronix a désormais publié des tests pratiques à ce sujet. Cette carte est le premier système de bureau AM5 grand public à faire tourner cette pile ; 3mdeb avait déjà fait de même pour une carte serveur EPYC plus tôt dans l'année.
Chaque carte mère de PC exécute un micrologiciel avant que le système d'exploitation ne prenne le relais. Sur cette carte AMD, ce rôle revient normalement à AGESA, le code d'initialisation fermé d'AMD, enveloppé dans un firmware UEFI écrit par le fabricant de la carte. Aucun des deux codes n'est consultable par quiconque en dehors d'AMD et de MSI.
Ce qui remplace le code fermé
openSIL est la propre bibliothèque open source d'AMD pour l'initialisation du silicium, c'est-à-dire le travail de bas niveau consistant à préparer la mémoire et les entrées-sorties d'une puce à fonctionner. Coreboot est le projet de firmware open source qui reprend le reste du travail d'UEFI. Ensemble, ils remplacent AGESA et le firmware UEFI d'origine de MSI.
3mdeb annonce le résultat : une réduction de 79,1 % du code de firmware fermé par rapport au firmware du fabricant. Cela ne veut pas dire que la carte tourne avec zéro code propriétaire. Le module de sécurité fTPM 2.0 d'AMD continue de fonctionner sur la puce elle-même, et 3mdeb note que les options de réglage dépendent encore de l'APCB et du Platform Security Processor, tous deux encore partiellement fermés.
Ce qui fonctionne aujourd'hui
Le portage ne prend en charge pour l'instant que les puces Ryzen 8000 "Phoenix". Phoronix a testé avec un Ryzen 7 8700G, 8 cœurs et 16 threads, et confirmé que le système démarre à la fois Ubuntu 26.04 LTS et Windows 11 25H2. L'entraînement mémoire au démarrage à froid, c'est-à-dire le calibrage des timings DDR5 au démarrage, prend de 30 à 60 secondes.
La carte prend en charge le Secure Boot UEFI, la protection en écriture ROM Armor 3 et le chiffrement de disque TCG OPAL. Faire fonctionner la partie graphique a demandé un vrai travail d'ingénierie. Un billet antérieur de 3mdeb du 3 juin 2026 décrit environ 6 400 nouvelles lignes de code openSIL et 2 000 lignes de code Coreboot rien que pour faire fonctionner le contrôleur d'extension d'E/S. L'initialisation graphique a nécessité environ 2 000 lignes supplémentaires.
Aspérités connues
Les tests de Phoronix ont révélé quatre problèmes que quiconque essaie ceci doit prévoir.
| Problème | Effet |
|---|---|
| Mises à jour de capsule UEFI | Ne survivent pas à une réinitialisation |
| État d'alimentation S5 | La restauration ne fonctionne pas |
| Console série | Se bloque parfois |
| Carte WiFi | Disparaît par intermittence de la liste des périphériques PCI |
Les puces Ryzen 9000 ne sont pas encore prises en charge. Le pilote graphique amdgpu de Linux déclenche encore un hard fault sur cette configuration. Le propre compte-rendu de 3mdeb sur le travail graphique indique qu'un contournement nomodeset est nécessaire pour démarrer avec un affichage.
Le point qu'on comprend facilement de travers
Ce n'est pas un téléchargement gratuit. 3mdeb vend le firmware fini sous le nom de « Dasharo Pro Package » via sa propre boutique. Le code openSIL et Coreboot sous-jacent est open source, mais l'assembler, le tester et le prendre en charge pour cette carte précise est le produit commercial de 3mdeb.
Ce que cela change pour les développeurs
Si vous voulez une pile de firmware ouverte et vérifiable sur du vrai matériel de bureau, c'est ce qui s'en approche le plus pour une carte AM5 grand public. C'est aussi un produit payant que vous pouvez acheter dès aujourd'hui, pas un projet que vous devez construire vous-même. Vérifiez d'abord la liste des problèmes connus par rapport à votre propre usage. Une carte WiFi qui disparaît par intermittence est rédhibitoire pour certaines configurations et sans importance pour d'autres.
La transparence du firmware et la sécurité au niveau du processeur ont toutes deux été des fronts actifs sur le matériel AMD cette année. Ce site a rapporté il y a deux jours que Zen 6 rend inutile l'une des mitigations d'exécution spéculative de Linux. Une pile de firmware ouverte ne remplace pas ce type de protection au niveau de la puce, mais elle permet de vérifier ce qui tourne avant même que le système d'exploitation ne se charge.
Si vous construisez ou auditez vous-même du firmware, les chiffres concrets ici donnent une mesure utile. 6 400 lignes de code nouveau rien que pour la mise en route des entrées-sorties d'un seul chipset montrent ce que coûte réellement en effort le portage de Coreboot sur une nouvelle carte grand public. Le travail sur les firmwares ouverts est parfois présenté comme un projet à l'échelle d'un loisir. Ce n'est pas le cas ici.
Sources
Articles liés

Nouveau démarre sur le DGX Spark GB10 de Nvidia, officieusement
Un ingénieur de Red Hat a fait fonctionner le pilote open source Nouveau et NVK sur le DGX Spark GB10 de Nvidia. Il a fallu environ 100 correctifs, et l'intégration en amont n'est pas encore réglée.

Asahi Linux prend désormais officiellement en charge les Mac M3
Asahi Linux a intégré la prise en charge des M3, M3 Pro et M3 Max à son installateur. Le Wi-Fi, l'USB 3 et le décodage AV1 fonctionnent. La veille, le HDMI et la 3D rapide, non.

Kubernetes 1.37 fait passer le mode rootless en bêta
Kubernetes 1.37 fait passer KubeletInUserNamespace en bêta. Le kubelet, les runtimes de conteneurs, les plugins CNI et kube-proxy peuvent tous tourner en utilisateur ordinaire.